Acheter un bien immobilier demeure toujours un rêve pour le Tunisien qui peine à supporter la charge du loyer. Or, la flambée des prix des biens immobiliers et la complexité des procédures pour solliciter un crédit bancaire demeurent les handicaps majeurs pour la classe moyenne.D’où le lancement par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, du programme ” du premier logement”, un programme visant en premier lieu à faciliter à la classe moyenne l’achat d’un bien immobilier moyennant deux crédits dont un pour l’autofinancement. Un programme, bien qu’ayant suscité au début de son lancement beaucoup d’engouement chez les Tunisiens, la demande a été très faible et en deçà des attentes. Plusieurs clients ont dénoncé la hausse des prix des biens immobiliers, la complexité et la lourdeur des procédures bancaires comme s’en fait l’écho le président de la Chambre syndicale nationale des promoteurs immobiliers (CSNPI), Fahmi Chaâbane. Il a annoncé, dans une déclaration à Africanmanager, qu’il est attendu que les prix de l’immobilier augmentent de 20% durant la prochaine période, expliquant cela par la dépréciation du dinar tunisien face aux devises étrangères, la hausse des prix des matériaux de construction, la rareté des terrains prêts à la construction et un manque au niveau de la main d’œuvre qualifiée.

Concernant le programme du “premier logement”, qui a démarré en février dernier, Fahmi Chaâbane a indiqué que la demande a été en deçà des attentes et que les ventes n’ont pas dépassé, au jour d’aujourd’hui, les 400 logements sociaux.

Il a toutefois estimé qu’il est prévu de livrer prochainement 200 appartements une fois achevée l’étude des dossiers et accomplies les procédures juridiques.

Le président de la CSNPI a en outre indiqué que suite à une réunion d’évaluation tenue récemment en présence du ministre de l’Équipement, Mohamed Salah Arfaoui, il a été décidé de lancer une nouvelle campagne promotionnelle et ce, dans l’objectif de faire bénéficier la classe moyenne d’un bien immobilier sans avoir à payer l’autofinancement.
Il a, dans un autre contexte, a démenti l’arrêt du programme du “premier logement”, soulignant toutefois, qu’une liste des logements prêts à la vente sera publiée sur le site web de la Chambre syndicale nationale des promoteurs immobiliers, dans les prochains jours, précisant que le ministère de l’Équipement a récemment retiré, de son site web, la liste des logements prêts à la vente, ce qui a conduit, d’après lui, à la baisse de la demande sur ce programme de “premier logement”.

Selon ses déclarations, le promoteur immobilier privé est aujourd’hui dans l’incapacité de poursuivre son activité et construire des logements sociaux et ce, pour plusieurs raisons dont la rareté des terrains prêts pour la construction, l’absence d’une main d’œuvre qualifiée et la hausse des prix des matériaux de construction.

Chaâbane a, à ce propos, assuré que durant les années dernières, les promoteurs immobiliers construisent près de 4 mille logement social alors qu’aujourd’hui le taux ne dépasse pas annuellement les 400 logements construits par les deux secteurs, privé et étatique.

Il convient de rappeler à ce propos que le programme de “premier logement” s’adresse à toutes les personnes (du secteur privé et étatique) désireuses d’acquérir un premier bien immobilier. Pour être éligible, le couple doit satisfaire à un certain nombre de conditions, à savoir le revenu, lequel doit être égal ou supérieur de 4,5 fois le SMIG (soit entre 1600 et 2900 dinars).

Le bien immobilier doit être aussi nécessairement acheté auprès d’un promoteur. De même, le demandeur de crédit bénéficiera d’un autofinancement de 20% octroyé par l’État, remboursable sur 12 ans dont 5 années de grâce et à un taux d’intérêt estimé à 2%.

Read More from Source: African Manager

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here