Pas de répit dans l’âpre bras de fer diplomatique et politique entre le Front Polisario et Rabat. Tous les coups sont permis. Cette fois la bataille s’est déplacée sur le terrain judiciaire, jusqu’en Afrique du Sud. Et le gagnant, du moins de la première manche, est le Polisario. En effet ce dernier, suite à une plainte, a eu en sa faveur un arbitrage de la justice sud-africaine, laquelle a ordonné qu’un navire de l’Office chérifien des phosphates (OCP), dont le chargement provient d’une mine du Sahara occidental, soit bloqué à Port Elizabeth, rapporte Jeune Afrique ce lundi 17 juillet.

L’OCP a énergiquement condamné le verdict de la justice sud-africaine. “La Cour sud- africaine a rendu une décision éminemment politique et commet un grave abus de pouvoir», lit-on dans un communiqué publié vendredi 14 juillet 2017. Le texte ajoute : “Cette décision préliminaire interfère dangereusement dans le processus international en cours sous l’égide du Conseil de sécurité des Nations unies»…

A noter que la plainte déposée par le Front Polisario, lequel tient mordicus à l’indépendance du Sahara (alors que Rabat propose une autonomie sous souveraineté marocaine), mentionnait le caractère illégal de cette cargaison. Le 1er mai 2017, un juge sud-africain avait donné raison aux indépendantistes et ordonné la saisie conservatoire du bateau, le Cherry Blossom, qui transporte 50 000 tonnes de phosphate produites à Phosboucraa et qui devaient être livrées à la Nouvelle Zélande. Le jeudi 15 juin, le juge sud-africain, après avoir épluché les éléments du dossier, enfonce le clou en confirmant l’immobilisation du navire de l’OCP. En attendant que l’affaire soit tranchée sur le fond, à une date qui n’a pas encore été fixée…

On peut être sûr que d’ici là, la formidable armada diplomatique du royaume chérifien va faire feu de tout bois pour infliger une deuxième défaite au Polisario, dans un dossier similaire. En effet mi-mai 2017, les indépendantistes du Sahara avaient fait immobiliser au Panama un autre navire transportant du phosphate, pour les mêmes raisons. Mais le 9 juin 2017, les juges avaient levé l’immobilisation du bateau, en arguant qu’ils ne disposaient pas d’éléments prouvant que la cargaison était la propriété du Front Polisario. Toutefois il n’est pas certain que les diplomates marocains, aussi chevronnés soient-ils, trouvent une oreille attentive en Afrique du Sud car cette dernière appuie sans réserves l’indépendance du Sahara occidental et ce, depuis les années 1970…

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