Le projet de conférence anglophone s’incruste dans les journaux camerounais

0
70

Related Articles

APAnews | C’est un tableau contrasté que dépeignent les journaux camerounais parus mardi, au sujet du projet d’une conférence générale, les 29 et 30 août prochains à Buea (Sud-Ouest), émise par l’ancien archevêque de la métropole économique, Douala, le cardinal Christian Tumi ainsi que d’autres leaders religieux, qui se sont engagés à trouver des pistes de solutions durables à la crise sécessionniste anglophone.

Le quotidien à capitaux privés Le Jour a ainsi invité plusieurs acteurs de la scène sociopolitique nationale à se prononcer sur cette offre de bons offices, et le moins que l’on puisse constater est que l’idée rencontre une vive résistance de la part des personnes réputées proches du pouvoir.

«Le préalable posé par l’archevêque émérite de Douala et certains leaders religieux est difficilement acceptable dans un État de droit», confirme le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, et pour cause : ceux qui ont pris les armes contre les institutions de la République doivent d’abord répondre de leurs actes devant la justice.

Lui aussi réputé proche du pouvoir, L’Épervier considère cette initiative comme un «complot contre l’unité nationale», présentant le cardinal Tumi comme l’un des plus farouches opposants au président Biya, un homme en soutane qui soutient discrètement les sécessionnistes.

Et c’est Le Messager qui semble le mieux résumer la situation, à savoir que le régime de Yaoundé, qui au passage n’a rien tenté de sérieux dans ce sens depuis deux années et alors que le sang ne cesse de couler, rejette clairement la main tendue des pasteurs en s’accrochant à des préalables pour faire diversion.

Au moment où la main tendue du prélat enflamme le débat, selon Le Jour, son confrère de langue anglaise, The Guardian Post, est allé sonder l’état d’esprit du vieux cardinal, qui non seulement n’hésite pas à riposter à ceux qui veulent le diaboliser, mais assure que les intimidations ne le feront pas reculer

Christian Tumi n’est pas le seul en colère, constate la dernière publication citée, rendant compte du message de fermeté délivré par les jeunes de la région du Sud-Ouest à un envoyé spécial du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), venu leur tenir le discours de la raison.

A cette élite zélée, rapporte The Guardian Post, les jeunes frustrés ont rappelé n’avoir rien gagné des 35 ans de règne de Paul Biya, alors que cette zone anglophone regorge de richesses du sol et du sous-sol qui sont les moteurs de l’économie nationale.