L’imparable méthode Cabral Libii pour expulser Biya du palais de l’Unité après le 7 octobre

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Cameroonvoice | «Je lance un appel aux 7 autres candidats de l’opposition. Il faut que nous nous retrouvions au plus vite. C’est le peuple qui me porte et je suis sensible à ce que ce peuple dit. Il n’y a pas de sondage mais dans leur grande majorité ceux des Camerounais que je croise me disent : “donnez-vous plus de chance pour nous assurer l’alternance dans ce pays en vous mettant ensemble”. Je crois que c’est possible ». Tel est le discours cri du cœur  que tient Cabral Libii, non seulement depuis l’annonce de sa candidature à l’élection présidentielle, mais surtout depuis la validation par Elecam de ladite candidature, il y a environ une semaine.

Quoique sa candidature ait été validée, le candidat à l’élection présidentielle Cabral Libii, investi par le parti UNIVERS, n’en met pas moins un point d’honneur  à œuvrer à regroupement des candidats de l’opposition dans le cadre d’un  unique candidat  unique fort et significatif.

Cette position, il l’a réitérée  le 7 août dernier au Palais des Sports de Yaoundé à l’issue de la proclamation par Elecam (l’organe chargé des élections au Cameroun) de la liste des candidats retenus pour le scrutin du 7 octobre. C’était au micro d’un reporter de la  télévision d’Etat, la Crtv.

Selon le plus jeune (38 ans) des neuf postulants à la magistrature suprême du Cameroun, quoiqu’il ne soit pas exclu que le candidat président sortant puisse être battu  dans le cadre d’une élection au cours de laquelle il serait confronté à plusieurs adversaires, il est impératif que l’opposition soit  représentée par un seul candidat  pour maximiser ses chances. Même s’il ne le dit pas clairement, il s’agirait là d’unir les forces pour parer efficacement aux potentialités de manipulations des résultats des élections dont dispose le président sortant pour gagner à tout prix, et dont les moindres ne sont pas Elecam même qui est indiscutablement à sa solde, sans compter l’administration, la justice, les forces armées et la police, qui habituellement jouent toutes un rôle majeur pour faciliter les choses au parti-Etat au pouvoir et à ses candidats, tout ceci aux côtés d’un énorme mécanisme de fraude électorale et d’achat de corruption des électeurs apprêté dans le même but.

Se départant du nombrilisme qui a très souvent caractérisé les opposants camerounais, chacun ici ne voyant midi qu’à sa porte,  monsieur Libii pensent que chacun des huit candidats qui vont affronter Biya a quelque chose à faire valoir, et que mis ensemble, ils constitueront une force imparable contre l’adversaire commun(?). « Retrouvons-nous très rapidement pour deux choses : la première élaborer une stratégie commune pour sécuriser le vote. Il y a là des partis. Joshua Osih est le candidat d’un parti séculaire qui a une forte représentation sur le terrain. Garga Haman Adji est candidat pour la énième fois. Il a un socle sur le terrain. Adamou Ndam  Njoya énième fois candidat a un socle sur le terrain. Le MRC depuis 6-7 ans a abattu un travail incroyable, formidable sur le terrain. Mois qui suis allé sur le terrain depuis un an, je peux vous dire qui est sur le terrain, qui n’est pas sur le terrain. Me Akéré Muna, avec le mouvement Now a fait ce qu’il a pu (…) 11 millions de citoyens et moi-même, nous avons abattu notre part de travail. Chacun peut se targuer d’avoir ses représentations sur le terrain ».

Cabral Libii pose cependant des conditions dont il est difficile de contester la pertinence à cette coalition, notamment celle de la désignation d’un candidat qui après la victoire se contenterait d’un seul mandat au cours duquel il se chargerait de mettre sur pied des lois équitables pour la tenue d’élections présidentielles crédibles auxquelles il ne se représenterait pas. Faute de quoi, le candidat de UNIVERS devrait croiser le fer, aussi bien avec le président Biya qu’avec ses pairs de l’opposition.

Certes, par le passé, il avait prôné la méthode des élections primaires auxquelles devaient participer les populations camerounaises, en vue de la désignation du candidat unique de l’opposition. Mais compte tenu du temps qui presse, il  change de fusil d’épaule et propose un moyen plus direct d’y parvenir : « Nous devons pouvoir dégager un candidat consensuel. Au point où on en est, je ne reviendrai plus sur les primaires. Parce que depuis janvier, j’avais fait des publications dans les journaux notamment Mutations démontrant comment on pouvait organiser les primaires. On est à deux mois des élections. Ce que je suggère c’est que les 8 se retrouvent dans une salle et que nous procédions à des primaires entre nous ! C’est-à-dire que nous sommes 7, 8 autour d’une table. Chacun prend un bout de papier, il écrit le nom de celui qu’il pense qu’il peut être le leader de nous tous. Il ne vote pas pour lui-même, mais pour l’un des 7 autres. Après nous dépouillons ensemble. Celui qui a la faveur de ce dépouillement est le candidat de nous tous. Autour de cette coalition, nous agrégeons toutes les autres forces alternatives qui n’auront pas rejoint les G40 ou G60. Et puis nous construisons la coalition véritable de l’opposition qui peut aller  à la victoire. Et si cette personne arrive à la victoire, elle gouverne le pays pendant 5 ans, organise les élections à deux tours, après avoir mis le pays sur les rails avec un programme consensuel que nous aurions ensemble constitué, il organise les élections auxquelles il n’est pas candidat »

Des observateurs, en général connus pour leurs sympathies pour le Rdpc au pouvoir, relèvent cependant  ce qu’ils considèrent comme un couac dans la proposition de Cabral Libii, relativement à la durée du mandat présidentiel que devra effectuer  en cas de victoire, le candidat issu de la coalition qu’il propose. La Constitution en vigueur  au Cameroun fixe à sept (7) ans la durée d’un mandat présidentiel. « Il serait donc incongru, de battre campagne sur le thème d’un mandat de cinq ans », estiment-ils, voyant en cela une façon pour le juriste et enseignant  de droit qu’est Cabral Libii de mettre sa volonté, fut-elle bonne, au-dessus de la Constitution : « S’il commence à marcher sur la Loi fondamentale alors qu’il n’est pas encore au pouvoir, il pourra un jour décider, s’il est élu, de faire ce qui lui semble bon, sans tenir compte des lois, par exemple faire procéder à des exécutions sommaires des Camerounais qui lui paraitraient opposés à son régime, en mettant en exergue le “bien-être” des Camerounais ».

Des arguments que refutent les chauds partisans de la candidature unique de l’opposition, pour qui la proposition de 5 ans restera un contrat tacite, donc de portée hautement et uniquement morale entre les opposants, et ne prête nullement à conséquence sur la Constitution : « Le président issu de cette coalition peut, après avoir travaillé à réconcilier le Cameroun, à élaborer de bonnes lois électorales, et à mettre le pays sur les rails, décider d’anticiper  l’élection présidentielle sans se représenter comme convenu, pour que les nouvelles lois commencent à prendre corps, sans pour autant que la Constitution soit bafouée. Encore que pendant son mandat, le mandat présidentiel peut être raccourci à quatre ou cinq ans, avec à cauté, une clause de limitation du nombre de mandats qu’un seul individu peut effectuer. ».

Notons que dans la même logique que Cabral Libii, se trouve ouvertement engagé le candidat Akere Muna, qui tient lui aussi compte de la volonté de la majorité des Camerounais (électeurs ou non) qui pense que la reconstruction du Cameroun ne peut commencer qu’après l’expulsion de Biya de la présidence de la République.