L’incarcération d’une journaliste fait les choux gras des journaux camerounais

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APAnews | Les journaux camerounais parus vendredi sont vent debout contre la mise sous mandat de dépôt d’une consœur, qui dès le début de la semaine prochaine devra comparaître devant un tribunal militaire.

Son visage angélique, sous le titre «Pourquoi ?» écrit en très gros caractères, occupe toute la couverture du quotidien à capitaux privés Le Jour : la journaliste Mimi Mefo, en service à la chaîne de télévision Équinoxe TV, se retrouve derrière les barreaux depuis mercredi soir pour avoir bien fait son métier, constate-t-il.

Et le journal qui, pour la cause, a recueilli les réactions tout aussi interloquées de la confrérie et de la société civile, de s’indigner contre le recul des libertés, juste au lendemain de la prestation de serment de Paul Biya pour un septième septennat.

«Tout sur l’affaire Mimi Mefo», titre, également sur fond noir, The Guardian Post qui revient sur la genèse de l’affaire, publie l’intégralité du post querellé, copié sur sa page Facebook et qui reprend lui-même, en prenant bien soin de citer sa source, une information portant sur l’assassinat, voici deux semaines à Bamenda (Nord-Ouest), d’un missionnaire américain.

Ladite dépêche, précise le quotidien de langue anglaise, attribuait la mort du pasteur Charles Trumann Wesco, en vacances au Cameroun, à des balles de l’armée régulière engagée dans une épreuve du feu contre des groupes sécessionnistes des régions anglophones.

C’est que le régime de Yaoundé a décidé d’imposer la terreur, convient Le Messager : la corporation passe sous les fourches caudines d’un pouvoir qui, depuis peu, a donné un nouveau tour de vis aux petits espaces de liberté chèrement acquis par la presse.

Mutations embraye dans la même direction, ne voyant plus qu’un vent de terreur qui s’abat sur les journalistes à l’instar de Mimi Mefo, accusée de propagation de fausses nouvelles et, surtout, d’atteinte à la sûreté de l’État.

Comme une vulgaire terroriste, renchérit L’œil du Sahel, la voici donc devant le redoutable tribunal militaire et incarcérée à la prison de New-Bell à Douala, la métropole économique.

On pourrait également voir, avance perfidement Le Messager, ce retour au galop de la répression sous le prisme de la peur, de la part d’un système pourtant réputé fort et stable et qui n’hésite plus à user de menaces, de l’intimidation et de l’oppression à la moindre contrariété.

«SOS : la liberté de presse en danger au Cameroun !» s’écrie Émergence, ne comprenant pas comment des journalistes couvrant la crise anglophone, ne rapportant que des faits du terrain, peuvent être considérés come des criminels.

Tout aussi pétrifié est Le Quotidien de l’Économie, qui appelle à la mobilisation générale pour obtenir la libération de la rédactrice adjointe et présentatrice vedette d’Équinoxe TV.

Source: cameroononline.org