Le Danemark prévoit de contribuer à l’opération Barkhane avec l’envoi de deux hélicoptères au Mali

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Seulement, la donne politique a depuis changé au Danemark, avec la courte victoire des sociaux-démocrates aux élections législatives de juin dernier. Mais le nouveau gouvernement – minoritaire – conduit par Mette Frederiksen, n’est pas revenu sur les intentions affichées par l’équipe précédente.

En effet, le 6 septembre, la ministre danoise de la Défense, Trine Bramsen, a annoncé que Copenhague allait renforcer ses contributions aux opérations militaires à l’étranger. « La sécurité du Danemark ne s’arrête pas à la frontière », a-t-elle justifié. « Aucune des […] missions n’a pour tâche d’entrer en combat direct […] Ce sont des contributions qui doivent soutenir les efforts en cours en matière de transport, d’assistance médicale et de renseignement », a-t-elle ajouté.

Dans le détail, il est question d’envoyer une équipe médicale [14 militaires] auprès des Forces démocratiques syriennes [FDS], dans le nord-est de la Syrie, au titre de la coalition internationale dirigée par les États-Unis [opération Inherent Resolve]. Cette annonce a été immédiatement saluée par Washington.

« Les États-Unis se félicitent de l’annonce faite par le gouvernement danois de déployer des troupes en Syrie à l’appui de l’opération Inherent Resolve et de continuer à partager le fardeau et les responsabilités de cette mission importante », a commenté Jonathan Hoffman, un porte-parole du Pentagone.

En outre, Copenhague compte également mettre une frégate à la disposition d’un groupe aéronaval américain. Mais le Danemark n’envisage pas pour autant de se joindre à l’opération navale Sentinel, lancée par les États-Unis pour assurer la sécurité de la navigation maritime dans le détroit d’Ormuz. En revanche, il se dit prêt à participer à une initiative européenne, alors que, bien que membre de l’UE, il ne participe pas à la Politique européenne de sécurité et de défense [PESD].

Cela étant, menacé par la Russie, qui avait simulé, en 2014, une attaque contre l’île de Bornholm alors qu’il s’y tenait la Folkemødet, c’est à dire traditionnelle réunion entre responsables politiques et journalistes, le Danemark va nettement revoir à la hausse se contribution aux missions de l’Otan, le déploiement d’un bataillon, d’un navire de guerre et de quatre avions de combat F-16 dans les pays baltes.

Pour autant, Copenhague n’oublie pas le Sahel… S’il compte renforcer sa contribution à la Mission des Nations unies au Mali [MINUSMA] avec un avion de transport C-130J Hercules et 75 militaires supplémentaires [dont 10 seront affectés à l’état-major de la force onusienne], le Danemark a confirmé son intention de contribuer à l’opération Barkhane.

En effet, le communiqué du ministère danois de la Défense évoque l’envoi au Mali d’un détachement de 70 militaires et deux hélicoptères de transport, qui devraient donc être des AgustaWestland AW101 « Merlin ». Et deux officiers danois seront intégrés à l’état-major de la force Barkhane.

Ce détachement devrait être déployé à Gao à partir de la fin de l’année 2019. Et cela pour une durée de 12 mois. « Avant le déploiement, le gouvernement présentera une motion d’adoption concernant le déploiement au Parlement danois », est-il précisé. Bénéficiant d’un large consensus, elle devrait être approuvée sans difficulté.

Ayant fait l’impasse sur l’acquisition d’hélicoptères lourds de transport malgré les demandes insistantes de l’armée de Terre et du Commandement des opérations spéciales [COS], la France est donc obligée de se tourner vers ses partenaires européens pour y remédier. Les deux AW101 Merlin danois rejoindront ainsi les trois CH-47D Chinook déployés à Gao par la Royal Air Force pour soutenir la force Barkhane. En juillet, Londres a annoncé que la mission de ces trois appareils serait prolongé d’un an de plus

Source: bamada.net