Attaques contre les camps de Mondoro et Boulkessy: Les femmes des Bérets rouges de Bamako exigent la vérité

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C’est la psychose au sein de l’opinion nationale. Les femmes des Bérets rouges sont sorties massivement, hier, mercredi 2 octobre, dans l’après-midi, pour manifester  leur colère face à la situation sécuritaire alarmante au Centre du pays.

Une manifestation imprévue est survenue à moins de vingt-quatre heures après la publication du bilan provisoire  de l’attaque coordonnée contre les camps de Mondoro et de Boulkessy, dans la Région de Mopti, au Centre du pays,  faisant, selon le Gouvernement, 25 morts plus des blessés et une soixantaine de portés disparus. Cette manifestation spontanée serait due au fait qu’une majorité des unités de l’Armée déployées  à Boulkessy pour le compte de la force sous-régionale, G5 Sahel, est du Régiment des Commandos parachutistes de  Bamako. «Nous n’avons ni mangé ni dormi depuis trois jours. Ils viennent nous annoncer que 25 militaires sont morts et qu’une soixantaine sont portés disparus. Nous ne croyons pas à cela .Qu’ils nous disent la vérité dans cette affaire ! On a trop souffert. Nous avons besoin de nos maris et on veut les voir», s’est insurgée une manifestante habillée en tee-shirt rouge comme pour dire que ça suffit puisqu’il y a eu «Trop de sang versé ». Un peu plus loin, une autre manifestante ne mâche pas ses mots : «C’est la trahison. Nos maris n’avaient pas de l’eau ni de nourriture. Nous allons dormir ici s’ils ne nous disent pas la vérité». Et à une autre d’enchainer en ces termes : «Ça ne va pas du tout. On peut tuer une ou deux personnes, mais détruire tout un camp ou des camps est autre chose. Nous voulons le nombre exact de ceux qui ont été tués et des portés disparus. Ce ne sont pas des animaux ; ce sont des humains. Ce sont nos espoirs et nous voulons leurs nouvelles le plus vite possible. C’est ce que nous demandons aux Autorités».

Au moment où nous mettions cette information sous presse, l’Armée affirmait avoir repris le camp de Boulkessy  suite à de violents combats dans la matinée d’hier, mardi. Cette opération a permis à onze (11) militaires parmi les disparus de regagner leurs positions. Le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, a décrété trois jours de deuil national sur toute l’étendue du territoire national en hommage aux victimes des attaques du Camp de Boulkessy et du Poste militaire de Mondoro ainsi qu’aux victimes des différents incendies survenus à Bamako.

Seydou Konaté

Le Combat

Source: bamada.net