Des employés de Bolloré- APMT hantés par la peur du chômage

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APAnews | La peur panique est actuellement perceptible chez les 440 employés du consortium franco-danois Bolloré-APM Terminals (Bolloré-APMT), évoluant au terminal à conteneurs du port de la métropole économique sous la dénomination de Douala International Terminal (DIT), à quelques semaines du passage de témoin au nouvel opérateur italo-suisse Terminal Investment Ltd (TIL), a constaté APA sur place.

Dans les couloirs de cette unité sise sur les rives du fleuve Wouri, les visages sont fermés et, par petits groupes, l’avenir professionnel est au cœur des chuchotements. «Nous nous demandons ce que vont devenir nos familles. Après 10 ans de service à DIT, on me fait savoir que mon ancienneté ne sera pas prise en compte. Même les salaires vont baisser, paraît-il. Je ne parle même pas des avantages acquis (primes de panier de la ménagère, primes de logement, prime de transport, etc.», soupire une secrétaire de direction sous le sceau de l’anonymat.

Ces inquiétudes se sont accentuées lors d’une réunion tenue le 3 octobre dernier dans les services du ministère du Travail et de la Sécurité sociale, pendant laquelle les responsables du Port autonome de Douala (PAD), autorité de tutelle, ont affirmé que le repreneur TIL ne souhaitait pas reprendre l’ensemble des effectifs de DIT, le nouveau concessionnaire du terminal à conteneurs étant soucieux de minimiser ses coûts d’exploitation et d’embaucher de bas salaires sans reprise d’ancienneté.

«La non reprise des contrats de travail, par le nouvel opérateur, aura des conséquences majeures sur de très nombreuses familles. En acceptant les conditions sociales de TIL, le PAD, qui n’a pas tenu compte dans le processus d’adjudication du volet social, qui est pourtant de la responsabilité de l’Etat, a sacrifié les employés de DIT qui, quand bien même ils seraient réembauchés, perdront tous leurs avantages», analyse, désemparé, un responsable du service informatique.

Depuis 2005, en effet, les travailleurs de DIT (440 emplois directs, 1360 indirects et 1542 induits) bénéficiaient individuellement de la couverture maladie pour eux-mêmes et leurs ayants-droits, de la mise à disposition via un centre médical assurant les visites systématiques du personnel et les campagnes de santé, d’une retraite complémentaire, d’une prime annuelle d’intéressement de 2% du résultat net.

Dans la même veine, un programme de formation continue du personnel à l’étranger était en vigueur, avec une moyenne de 5000 heures de formation par an représentant une cinquantaine de millions de francs CFA, sans oublier la mise en place d’une cantine sur le terminal, l’octroi de repas gratuits ainsi que des «paquets minimum», lors des événements spéciaux tels que la rentrée scolaire et les fêtes de fin d’année.

Il y a de cela un mois, le PAD avait annoncé la désignation du groupement TIL comme adjudicataire provisoire de la concession du très disputé terminal à conteneurs du port de Douala à compter du 1er janvier 2020. En activité sur la même place portuaire depuis 15 ans et ayant bénéficié d’une rallonge jusqu’en 2023, Bolloré-APMT, dénonçant sa mise à l’écart de la phase de pré-qualification pour le recrutement d’un nouvel opérateur, a saisi les tribunaux locaux ainsi que la cour d’arbitrage de Paris, dont les verdicts restent attendus.

Récemment, le groupe Bolloré a aussi saisi le chef de l’État camerounais, Paul Biya, en vue de solliciter son arbitrage sur des «traitements injustes» subis de la part du PAD, souhaitant par ailleurs la reprise de l’appel à sélection «sur une base équitable».

Source: cameroononline.org