CAMEROUN :: Injustice:Après un investissement chiffré à plusieurs millions de francs Cfa il se retrouve à la rue :: CAMEROON

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Nous publions ce jour l’intégralité du témoignage de Loïck Fankam, promoteur du restaurant Loïc Food à Bonamoussadi, Douala. Un témoignage qui remet sur la sellette la question de la crédibilité du système judiciaire camerounais. Lisez plutôt

« Je suis LOÏCK FANKAM promoteur du restaurant LOÏCK FOOD à Bonamoussadi carrefour Bijou en face du supermarché Santa Lucia.

Je fais recours à vous pour dénoncer une injustice dont je suis victime. J’ai acquis en Mars 2019 la location d’un site à bail commercial, j’y ai entrepris des travaux d’aménagement pour installer mon activité de Bar et restaurant. Les travaux ont duré 3 mois. Plusieurs dizaines de millions ont été engloutis.

Mon contrat de bail stipulait qu’il devait être renouvelé chaque année par tacite reconduction. Le bail était fixé à un montant de 450.000frs par mois la première année et devait être majoré de 10% chaque année. La première année je vais payer 12 mois de loyer, à la deuxième année, le bail étant déjà automatiquement passé à 500.000frs le mois, ma bailleuresse demandera que je paye dorénavant par trimestre. Ce que j’ai fait. Au dernier trimestre de la deuxième année, quand je viens lui porter son chèque, elle me fera savoir que notre contrat sera annulé et que nous partirons sur des bases nouvelles et  le payement au m2 à raison de 10.000frs le m2.

Occupant un espace d’environ 215m2, mon nouveau bail avoisinera désormais 2 millions de francs. Mon épouse et moi nous allons négocier en faisant des propositions jusqu’à 900.000frs le mois sans succès. Ma bailleuresse insistant sur le coût au mètre carré, en nous faisant savoir que c’est la pratique à Bonamoussadi et que sa sœur loue un espace à carrefour Maetur à 14.500frs le mètre carré.

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Le mois suivant nous allons recevoir une notification d’huissier nous informant de la résiliation de notre bail.

Au début de la 3e année du bail, je vais adresser à cette dame un chèque de 1.650.000frs représentant les 3 mois de loyer, le loyer étant monté logiquement à 550.000frs/mois. Je vais accuser une fin de non recevoir.  Par voie d’huissier, je vais lui faire une offre réelle, face à son refus, nous allons déposer le chèque à la caisse de consignation.

Elle va m’intenter en procès au tribunal de première instance de Ndokoti. L’affaire va durer quelques mois et le verdict sera sans appel: expulsion provisoire, assortie d’une astreinte de 100.000frs par jour et validation de la résiliation du contrat de bail et me condamnant aux dépens. Aucuns des éléments présentés par ma défense ne sera retenues.

Nous ferons appel à la cour d’appel du Littoral par une requête aux fins des défenses à exécution et une requête d’appel au fond. La cour d’appel à son tour va rejetée notre requête en la jugeant non fondée.

La requête d’appel, bien qu’enrolé tarde à être programmé.

Entre-temps nous avons entrepris des démarches de négociation auprès des proches de la bailleuresse. Les clauses étant de trouver un montant de loyer raisonnable et de nous accorder encore 3 ans d’exploitation et stopper la procédure en cours au tribunal . Elle s’est dite favorable à cette démarche et a exigé que nous payons les arriérés restants. Nous allons payé jusqu’au mois d’avril 2022. Ces faits se déroulent en février 2022.

Une fois les loyers à jour, la dame va se rétracter et nous renvoyer voir son avocat qui répondra à notre avocat qu’il n’est pas au courant de cette négociation.

Entre-temps la cour d’appel rendra sa décision.

Nous allons introduire une deuxième requête au regard de ce nouvel élément et un certificat de dépôt nous sera délivré le 9 mai 2022. Le 27 mai la requête sera lu le matin en audience et vidée dans l’après midi. Nous sommes toujours en attente de la décision.

Jeudi dernier 16 juin 2022, en mon absence, un huissier a fait irruption dans mon établissement avec une douzaine de gros bras et des gendarmes. Mes équipements et mon mobilier ont été jeté dans la rue sous la pluie. À mon arrivée je ne pouvais que constater les dégâts. Ayant changé toutes les serrures ils m’ont intimé l’ordre de sortir. J’ai refusé et demandé à l’huissier de répertorier le reste de mon matériel encore présent sur le site, puisque l’expulsion n’était pas complète. Comme réponse l’huissier ordonnera aux gendarmes et gros bras de me jeter dehors pars la force.

Aujourd’hui je me retrouve dans la rue, 3 ans après avoir vécu un coup similaire quand mon restaurant était situé du côté de Deïdo. Expulsé parce que la famille était en conflit.

Quel avenir est réservé au jeune entrepreneur sans défense dans notre pays ? Je me confie à vous, car je n’ai aucun soutien. Je vous envoie des images pour étayer mes propos. Et vous remercie pour l’intérêt que vous accorderez à ce message.

LOÏCK FANKAM »

Source: camer.be