Cité des enfants : L’heure est à l’inquiétude

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Les espaces de jeu au niveau de la Cité des enfants, dédiés à l’épanouissement des mômes, restent toujours fermés aux visiteurs du fait de la Covid-19 qui connaît une recrudescence dans notre pays. Pour couper court aux rumeurs qui circulent sur les difficultés de l’établissement à gérer la situation et avoir le cœur net sur la réalité des choses, notre équipe de reportage s’y est rendue. Sur les lieux, aucune présence d’enfants. Par contre, des vigiles étaient de faction devant les différents espaces d’attraction. Il s’agit de l’aire de jeu réservé à la petite enfance, le grand jardin et le parc d’attraction constitué de manèges, notamment le bateau pirate, le caroussel (manège de chevaux en bois), le petit bateau, l’air plane, la grande roue et la pendule. À l’entrée du grand jardin, des hommes devisaient sous un arbre.

Parmi la cohorte, se trouvait le caissier du grand jardin, Mamadou Togniné. Cet individu de taille moyenne gardait les yeux cachés derrière des lunettes. Il a indiqué que depuis la fermeture des lieux publics, son espace n’accueille plus de visiteurs, notamment les couples mariés et autres touristes qui affluaient pour immortaliser soit leur union, soit leur passage sur les lieux à travers des photos. Il est nostalgique de ces moments de grande affluence. Il appelle de ses vœux la fin de la pandémie.
Son inquiétude est aussi partagée par le directeur général adjoint de la Cité des enfants, N’Famara Kéita. «Nous faisons beaucoup de gymnastique avec de maigres ressources qu’on génère notamment avec la location des salles pour faire face à certaines exigences. Il faut reconnaître que c’est extrêmement difficile maintenant», avoue-t-il. Ce responsable explique aussi que la Cité des enfants est une structure d’accueil qui a également ressenti l’impact de la Covid-19.

Il rappelle que la Cité doit être disponible pour les enfants en vue de leur inculquer les fondamentaux de notre pays et leur rappeler certaines valeurs sociétales et culturelles quand ils ne sont pas à la maison, ni à l’école.
«C’est un état de choc pas seulement en termes de gain mais aussi de résultats sur l’éducation des enfants», affirme N’Famara Kéita. Et de poursuivre que les conséquences sont aussi économiques parce que la Cité des enfants paie une trentaine d’agents sur les ressources générées par les espaces de divertissement.
«Nous avons des difficultés à faire face aux charges, notamment les salaires des agents, émargeant sur ressources propres et qui ont été engagés pour animer le parc. Le parc est fermé mais nous continuons à faire des efforts pour les payer», révèle le directeur général adjoint, avant d’ajouter que dans ce genre de situation les mesures d’accompagnement devraient suivre. Ce qui permettra de soulager la Cité qui vit des jours difficiles.

Cependant, il salue les efforts déployés par les autorités dans le cadre de la lutte contre la Covid-19 et espère sur un éventuel accompagnement du gouvernement et des partenaires. N’Famara Kéita exhorte la population à observer les mesures barrières, car, selon lui, la prévention est une des meilleures alternatives dans la lutte contre la pandémie.
Quant au président du Parlement des enfants, Nouhoum Chérif Haïdara, il explique que la Cité accueille plusieurs milliers d’enfants mais aussi des adultes qui viennent profiter des sites de divertissement, se reposer dans les jardins et discuter. Selon lui, la fermeture des sites de jeu a un impact sur la réalisation de leurs activités et surtout sur le moral des enfants. Il demande aux enfants d’observer les gestes barrières et de se faire occuper par des activités de formation individuelle.
Le Président du parlement pense qu’il faut ouvrir les écoles et les sites de distraction qui ont une vocation éducative pour les enfants. Il tient à lever toute équivoque sur la nécessité d’avoir un plan de réouverture de ces espaces de jeu dans les meilleurs délais.

M. D. D.

Source: bamada