Enseignants des écoles privées : une indignation généralisée

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La plupart d’entre eux sont privés de salaires à cause de la fermeture des écoles en cette période de Covid-19

Les enseignants des établissements scolaires privés expriment le sentiment d’être ostracisés avec les décisions successives de fermeture des écoles depuis le début de la pandémie du coronavirus dans notre pays, en mars 2020. Les promoteurs des établissements où ils enseignent ne leur paient plus de salaire du fait de la crise sanitaire. Certains d’entre eux traîneraient des mois d’arriérés de salaire. Ces pédagogues qui vivent des jours difficiles ont organisé, vendredi dernier, un sit-in devant le ministère de l’Éducation nationale pour exprimer leur indignation mais surtout réclamer l’ouverture des écoles mais aussi des mesures d’accompagnement de l’État.
Les manifestants pointaient de la craie blanche vers le ciel et scandaient des slogans. «10 mois sans salaires, on n’en peut plus», «On veut des mesures d’accompagnement», «On préfère mourir de la Covid-19 plutôt que de disette», «L’école n’est pas la seule porte d’entrée du coronavirus», «Ouvrez les écoles privées classiques et medersa» ou «La faim tue plus que la Covid-19».

Le secrétaire général du Syndicat libre des enseignants des écoles privées (SYLEEP.Ma), Abdoulaye Fotigui Berthé, a fait savoir que cette manifestation visait à attirer l’attention des autorités du pays sur les difficiles conditions de vie des enseignants des écoles privées. Les initiateurs de la manifestation ont été reçus par le secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, Kinane Ag Gadeda.
Après les échanges avec le secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, Abdoulaye Fotigui Berthé s’est indigné «d’apprendre que l’ouverture des établissements scolaires en cette période de crise sanitaire n’est pas du ressort du ministère de l’Éducation nationale». Il a aussi expliqué que leur interlocuteur a rassuré que son département n’est pas indifférent à la reprise des cours parce qu’il aurait accompli des actions en vue de persuader le gouvernement de la nécessité de rouvrir les écoles. À le croire, le secrétaire général du ministère en charge de l’Éducation a promis de transmettre leur message aux autorités compétentes.

Le syndicaliste a déploré cette situation et estimé être resté sur sa faim. ce sit-in visait à obtenir une promesse ferme de la tutelle sur le maintien du 25 janvier prochain, fixé comme date de la rentrée scolaire 2020-2021. Il a aussi rappelé les conséquences de la fermeture des écoles pour les enseignants du privé. «Ça fait 10 mois que nous ne percevons pas nos salaires. Les écoles restent fermées et les autorités n’ont donné aucune assurance sur la réouverture. C’est pourquoi, nous avons initié cette manifestation pour exiger la reprise des cours», a expliqué lé secrétaire général du SYLEEP.Ma. Et d’ajouter que les enseignants veulent vivre dignement. À ce propos, il a expliqué que cela est impossible tant que les écoles sont fermées. «Nous restons aux aguets pour suivre le dossier. On se réserve le droit de remettre ça si nous n’obtenons pas satisfaction parce que qu’on ne peut pas rester dans l’impasse», a-t-il averti.
Mme Guindo Mariam Dansoko, enseignante dans une école privée à Titibougou, a souhaité une implication sincère du gouvernement dans la régulation du secteur de l’enseignement privé afin que les promoteurs respectent les textes qui régissent les établissements scolaires privés. «Ça ne va pas du tout depuis le mois de mars. Trop c’est trop», s’est insurgé Amadou Touré, professeur d’informatique dans une école privée à Faladié. Et d’appeler de ses vœux des mesures d’accompagnement des enseignants des écoles privées pour les soulager de certaines difficultés financières.


Mohamed D DIAWARA

Source: bamada