Entre Nous : La Démocratie n’est pas le problème !

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26 mars 1991-26 mars 2025 ! Il y a exactement 34 ans tombait le régime dictatorial du Général Moussa Traoré et son parti unique l’Udpm, l’Union démocratique du peuple malien. Après plusieurs semaines de manifestations populaires qui ont occasionné des dizaines de morts, l’aile républicaine de l’Armée, sous la conduite du Lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré, prit ses responsabilités. Ainsi, se referma une longue période de souffrance du peuple. Une période qualifiée «de 23 ans de mensonges, de vols, de crimes crapuleux» par Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djicoroni dans son livre «du CMLN à l’UDPM, 23 ans de mensonges».Après une transition de 14 mois, le Lieutenant-colonel ATT, un officier d’honneur, respecta sa parole en organisant des élections démocratiques à l’issue desquelles sont élues les autorités de la 3è République. Sous la direction du Président Alpha Oumar Konaré, le Mali entame sa marche démocratique. Les libertés publiques ont été acquises. La parole est libérée. Des infrastructures de développement voient le jour un peu partout à travers le pays.

Toutes les attentes des populations n’ont pas été comblées à hauteur des espérances, du fait des promesses non tenues, de la corruption de l’élite dirigeante. La classe politique est discréditée, voire vouée aux gémonies par une population impatiente.

Les échecs constatés dans la gouvernance sous l’ère démocratique ont poussé une frange de la population malienne à applaudir des forces obscures, dont l’agenda n’est plus qu’un secret de polichinelle. Un régime démocratique ne saurait être une panacée, encore moins un pouvoir autoritaire si les hommes qui les incarnent sont aux antipodes de la vertu.

Ce 26 mars 2025 intervient dans un contexte extrêmement difficile pour la survie de la démocratie. La transition en cours depuis le 18 août 2020, date du renversement du Président Ibrahim Boubacar Kéita, est en train de la remettre en cause. Alors que dans la constitution qu’elle a élaborée et fait adopter par référendum, il est écrit noir sur blanc que le coup d’Etat est un crime imprescriptible.

Un discours lénifiant avec l’argument de souveraineté est servi aux populations comme pour les endormir. Comme pour jouer sur les peurs les enlèvements traumatisants alternent avec les emprisonnements arbitraires avec l’onction de la justice. Les attaques pernicieuses visent à créer et entretenir la confusion entre la démocratie et les actes de déviance de l’élite dirigeante. Force est de donner raison au Président Alpha Oumar Konaré 1er président de la 3è République «une démocratie n’est jamais acquise de façon éternelle et permanente» déclare-t-il dans l’ouvrage «Un Africain au Mali : Entretiens avec Bernard Cattanéo».

Les leaders politiques auront-ils le courage de se battre pour défendre la démocratie contre le projet en cours depuis les événements du 18 août 2020 de confisquer le pouvoir d’Etat aussi longtemps que possible ?

Dans sa tribune en date du 17 décembre 2024 intitulée : «Il est temps pour le Mali de sortir de la confusion», Ali Nouhoun Diallo, ancien Président de l’Assemblée nationale, rappelait ceci : «les Camarades du Mouvement Démocratique doivent retenir de l’enseignement de l’Histoire que tout ce qui a été acquis de haute lutte, doit être aussi conservé de haute lutte».

Chiaka Doumbia

 

Le Challenger

Source: bamada