Toutes les attentes des populations n’ont pas été comblées à hauteur des espérances, du fait des promesses non tenues, de la corruption de l’élite dirigeante. La classe politique est discréditée, voire vouée aux gémonies par une population impatiente.
Les échecs constatés dans la gouvernance sous l’ère démocratique ont poussé une frange de la population malienne à applaudir des forces obscures, dont l’agenda n’est plus qu’un secret de polichinelle. Un régime démocratique ne saurait être une panacée, encore moins un pouvoir autoritaire si les hommes qui les incarnent sont aux antipodes de la vertu.
Ce 26 mars 2025 intervient dans un contexte extrêmement difficile pour la survie de la démocratie. La transition en cours depuis le 18 août 2020, date du renversement du Président Ibrahim Boubacar Kéita, est en train de la remettre en cause. Alors que dans la constitution qu’elle a élaborée et fait adopter par référendum, il est écrit noir sur blanc que le coup d’Etat est un crime imprescriptible.
Un discours lénifiant avec l’argument de souveraineté est servi aux populations comme pour les endormir. Comme pour jouer sur les peurs les enlèvements traumatisants alternent avec les emprisonnements arbitraires avec l’onction de la justice. Les attaques pernicieuses visent à créer et entretenir la confusion entre la démocratie et les actes de déviance de l’élite dirigeante. Force est de donner raison au Président Alpha Oumar Konaré 1er président de la 3è République «une démocratie n’est jamais acquise de façon éternelle et permanente» déclare-t-il dans l’ouvrage «Un Africain au Mali : Entretiens avec Bernard Cattanéo».
Les leaders politiques auront-ils le courage de se battre pour défendre la démocratie contre le projet en cours depuis les événements du 18 août 2020 de confisquer le pouvoir d’Etat aussi longtemps que possible ?
Dans sa tribune en date du 17 décembre 2024 intitulée : «Il est temps pour le Mali de sortir de la confusion», Ali Nouhoun Diallo, ancien Président de l’Assemblée nationale, rappelait ceci : «les Camarades du Mouvement Démocratique doivent retenir de l’enseignement de l’Histoire que tout ce qui a été acquis de haute lutte, doit être aussi conservé de haute lutte».
Chiaka Doumbia
Source: bamada