Sikasso : savonnerie Ba Tata, une fierté du Kénédougou

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Une unité de fabrication de savon à base d’huile de karité, coton, coco, palme et de soude caustique fait la fierté du Kénédougou depuis une vingtaine d’années environ. Créée par Mme Berthé Ouorokiatou Coulibaly en 2002, cette unité de fabrication de plusieurs sortes de savons (lessive, toilette) s’est majestueusement imposée dans la zone industrielle de Sikasso au quartier d’Hamdallaye.

Du haut de ses 59 ans, Ouorokiatou Coulibaly est toujours pleine de vivacité et d’initiative pour l’autonomisation de la femme malienne. Cette ancienne championne du Mali en athlétisme 4X400 m dame des années 1979 garde sa vigueur et prête à affronter toutes les difficultés comme à son jeune âge. Entourée de ses employés, dont la plupart sont des femmes, Mme Ouorokiatou nous a accueillis dans les locaux de son entreprise en pleine production.

Des grands fûts contenant les mélanges de matières premières étaient sur le feu, tandis que des employés découpaient les pâtes prêtes en morceaux de savons. Les magasins de stockage du produit fini contenaient des tonnes de savons semi industriels en forme de carré ou en boule, ainsi que du savon en liquide. Selon la promotrice, la savonnerie Ba Tata ravitaille plusieurs localités du pays : les Régions de Kayes, Ségou, Sikasso et même le District de Bamako.

Une partie de la matière première est importée de la Côte d’Ivoire notamment l’huile de coco, de palme et les substances de soude caustique. Les déchets d’huile de coton et le beurre de karité sont acquis localement. La faible production de coton pendant la campagne dernière a impacté sur l’acquisition de l’huile de coton, l’une des matières premières de la savonnerie.

Mme Berthé s’occupe également de la formation des femmes au niveau de la direction régionale de la promotion de la femme avec lesquelles elle partage son expérience. Même si la savonnerie Ba TATA est un exemple de réussite à Sikasso, il n’en demeure pas moins vrai qu’elle est confrontée aussi à des difficultés.

La zone industrielle où se trouve la savonnerie n’est pas viabilisée, d’où des difficultés de branchement à l’EDM et à la SOMAGEP, nous signale la promotrice. Elle remercie vivement le conseil régional de Sikasso et l’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales (ANICT) pour leur appui appréciable en équipements, forage, infrastructures (magasins, clôture, bureau)d’un montant de 46 millions de Fcfa.

L’unité de fabrication de savon a également bénéficié d’un accompagnement de 10 millions de Fcfa du Fonds d’appui pour l’autonomisation de la femme et de l’enfant (FAFE) en 2015. Grâce à la pertinence de ses actions, Mme Ouorokiatou Coulibaly a été également envoyée aux États-Unis d’Amérique par le ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille pour faire des témoignages. Toujours dans le cadre des échanges d’expériences, elle s’est rendue en Chine avec le 1er vice-président du conseil régional de Sikasso, Dr Soumaïla Traoré.

La promotrice remercie les autorités nationales et régionales pour leurs appuis multiformes, mais elle rêve toujours d’avoir des équipements modernes plus performants et l’aménagement d’un centre de formation pour aider le maximum de femmes du Kénédougou. Elle ambitionne aussi de confectionner un emballage approprié pour une bonne présentation de ses produits, marketing oblige.

Fousseyni DIABATÉ
Amap-Sikasso

Source : L’ESSOR

Source: bamada